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Article du Monde sur René DUMONT

Février 2006

Ci-dessous, un extrait de l’article du journal "Le Monde" du 22 Mai 1992, écrit par Éric FOTTORINO

Titulaire en 1952 de la chaire d’agriculture comparée à " l’Agro ", René Dumont a très tôt en lui la passion de la terre, et de ce qu’elle peut donner aux hommes. Le premier combat de sa vie sera logiquement de lutter contre la faim, sur le terrain (en Indochine, dès 1929), prodiguant conseils précis et critiques directes, tout en noircissant des centaines de carnets de notes qui deviendront des livres passionnés, riches de détails significatifs et d’annonces visionnaires, comme son fameux L’Afrique noire est mal partie, publié en 1963, ou encore Cuba est-il socialiste ? (1970) et L’Utopie ou la mort (1973). D’après Jean-Paul Besset, " personne n’a mis l’accent aussi précocement que lui sur l’accentuation des inégalités et démonté aussi nettement les mécanismes de la progression de la paupérisation à l’échelle de l’ensemble du tiers-monde ". Mais parce que la faim décime encore plus sûrement que la mitraille, Dumont tarde à devenir " le plus rouge des Verts ". Agronome productiviste, chantre de l’abondance au nom des affamés, il ne se convertit à l’écologie qu’en 1973, soudain conscient des risques inhérents à l’exploitation exagérée du sol et de la planète. Le voilà un moment happé par la politique, candidat " écolo " aux présidentielles de l’année suivante. On n’oubliera pas ce (déjà) vieux monsieur faisant campagne à bicyclette et buvant un verre d’eau à la télévision " avant que nous en manquions... "

Toute sa vie, Dumont aura couru les révolutions, y compris la " révolution verte " de l’agronome américain Norman Borlaugh, censée délivrée le monde de la faim grâce à des espèces " miraculeuses " de blé ou de riz. Mais, chaque fois, le professeur dénonce les impostures, vérifie sur place, interroge les populations villageoises, pour enfin dire leurs quatre vérités aux responsables de toutes sortes.

Cassandre-cabotin, pris entre l’espoir dans le progrès et la colère face à la bêtise humaine. "