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Débat : énergies et crise climatique : quelles solutions pour le futur ?

Avril 2007

Cette conférence a été introduite par François Lemarchand, président-fondateur de Nature et Découverte, et David Guiraud, Directeur Général du groupe Les Echos. Elle accueillait Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue, ingénieur au CEA et membre du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), Henri Prévot, ingénieur général des Mines, auteur du livre Trop de pétrole, et Gérard Mestrallet, Président-Directeur Général de SUEZ. J-M Vittori animait le débat.

Introduction

Après que François Lemarchand a rappelé que la Terre est limitée dans ses ressources et fragile dans ses équilibres, il a souligné que désormais 3 attitudes étaient possibles face à l’enjeu écologique : faire l’autruche, sombrer dans le désespoir, ou jouer l’aventure du futur. L’Université de la Terre, a-t-il rappelé, a pour vocation d’inciter à dessiner un monde harmonieux, d’aider à redonner un sens au progrès, par le dialogue entre différentes personnes, et la construction de ponts plutôt que des murs. David Guiraud a rappelé que l’environnement était un défi de long terme, qui recouvre des aspects économiques, sociaux, culturels et politiques. Il a préconisé l’invention d’une croissance verte, tout en paraphrasant Churchill : "le capitalisme est le moins bon système... à l’exception de tous les autres". Pour lui, le défi environnemental doit être pensé comme le relai de la croissance. Mais il ne peut être relevé qu’avec une volonté nationale et politique forte. J-M Vittori a ensuite laissé les intervenants se présenter.

Valérie Masson-Delmotte

Ingénieur-paléoclimatologue au CEA, elle étudie le climat à échelle humaine. Elle essaie ainsi de voir comment l’évolution actuelle du climat se situe par rapport à son état passé. Le réchauffement de ces 40 dernières années est plus marqué que ce qui s’est passé avant. Les activités humaines sont sans doute le facteur le plus important. L’enjeu du changement climatique est de comprendre les rétroactions, c’est-à-dire comment le climat amplifie la perturbation de départ. Les projections pour le XXIème siècle montrent dans le meilleur des cas un réchauffement inéluctable de 2°C en moyenne globale, accompagné d’un changement des régimes de précipitations et de migrations d’espèces vivantes. Les différences en terme de climat seront visibles dans 30 ans, c’est-à-dire par la prochaine génération déjà. Le changement climatique qui s’est opéré est colossal par rapport au rythme naturel d’évolution du climat, et trop rapide pour que toutes les espèces puissent s’accommoder. Les précipitations vont poser problème également, avec par exemple un assèchement possible du pourtour méditerranéen. L’adaptation sera sans doute difficile. Les enjeux immédiats sont les suivants : (1) comprendre les mécanismes du changement climatique et réduire les incertitudes, (2) s’adapter, (3) agir pour limiter les émissions de gaz à effet de serre (GES).

La suite pour bientôt...